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Abandon de poste = démission = chômage ?

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Question : un salarié licencié suite à un abandon de poste doit-il être placé dans la même situation qu’un salarié démissionnaire, et donc privé d’indemnité chômage ? Réponse…


Abandon de poste = privation involontaire d’emploi… indemnisée ?

Par principe, toute personne apte au travail et recherchant un emploi peut bénéficier de l’allocation d’assurance chômage à la condition d’être privée involontairement d’un emploi.

C’est pourquoi les salariés démissionnaires n’ont, par principe, pas droit à l’allocation d’assurance chômage. Pour autant, il faut rappeler que certaines dérogations à ce principe existent : la réglementation actuelle d’assurance chômage assimile certaines situations de démissions à des privations involontaires d’emploi ouvrant droit à indemnisation.

Il en va ainsi de certains cas de démissions dites « légitimes » ou encore de la possibilité offerte aux instances paritaires régionales (IPR) de Pôle emploi d’accorder le bénéfice de l’allocation d’assurance chômage au salarié démissionnaire qui reste sans emploi à l’issue d’un délai de 121 jours suivant sa démission et justifie de démarches de recherche d’emploi durant cette période.

Par ailleurs, un nouveau droit à l’assurance chômage est ouvert pour les salariés démissionnaires poursuivant un projet de reconversion ou de création d’entreprise.

La question se pose aussi pour les salariés licenciés pour faute suite à un abandon de poste, bénéficiaires aujourd’hui de l’assurance chômage. Et pourtant, s’interroge une députée, au regard de la loi, l’abandon de poste n’est pas assimilé à une démission, alors que factuellement, celui-ci s’en rapproche fortement.

Elle se demande donc si, dans le cadre de la réforme de l’assurance chômage, il est envisagé de modifier l’indemnisation chômage dans les situations d’abandon de poste afin de l’appréhender comme une démission.

Le Gouvernement rappelle qu’il n’a pas été jugé opportun de modifier la réglementation sur ce point. Pour lui, les motivations des salariés qui abandonnent leur poste peuvent être de nature extrêmement différente de sorte qu’il apparaît délicat d’assimiler de manière systématique l’abandon de poste à une privation volontaire d’emploi.

En outre, l’abandon de poste n’est pas sans conséquence sur la situation de l’intéressé, puisque l’ouverture du droit à l’assurance chômage reste en effet subordonnée à la rupture du contrat de travail, laquelle peut intervenir après un délai plus ou moins long pendant lequel le salarié ne perçoit ni rémunération, ni allocation d’assurance chômage et n’est en principe pas autorisé à reprendre un nouvel emploi.

Source : Réponse ministérielle Degois, Assemblée Nationale, du 15 octobre 2019, n° 21188

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